jeudi 19 février 2015

Sortir des ténèbres BLOG03 - Le gourou de la laverie

Le gourou de la laverie
Un peu de sagesse en lavant son linge


Un jour, il y a environ 15 ans, alors que je vivais en colocation à Manchester, mon colocataire rentra dans l’appartement dans un état d’enthousiasme : “Tu devrais rencontrer le propriétaire de la laverie du quartier, c’est vraiment un type spirituel, comme un gourou !” Intrigué, j’y amenais ensuite un panier de linge sale et à peine je mis le premier pas et franchit la porte, je réalisais qu’il ne s’agissait pas d’une laverie ordinaire. Elle était peinte de couleurs vives et attractives, et il y avait des citations inspirantes fixées sur le mur. Et je réalisais rapidement que le grand homme aux cheveux blancs qui était occupé à vider une machine n’était pas un gérant de laverie ordinaire.


Un peu après que je commençais à discuter avec lui, il se présenta lui-même comme étant Tony et il me raconta la transformation incroyable par laquelle il est passé quelques années plus tôt, alors qu’il faillit mourir d’une attaque cardiaque. Jusqu’à ce moment il fut un homme d’affaires qui consacrait sa vie à faire de l’argent. Comme il le dit aujourd’hui, “Je ne faisais que courir en avant, pas vraiment vivre.” Quand il eut son attaque cardiaque à l’âge de cinquante deux ans, ce fut comme de s’éveiller d’un rêve.


Il me dit que “Cela peut sembler ridicule mais c’est la meilleure chose qui me soit jamais arrivé” et “Que cela me fit réaliser que la seule chose importante dans la vie n’est pas d’avoir du succès ou d’avoir des richesses, mais d’être heureux. Je me sens comme si je vivais dans un monde multicouleur en comparaison à un monde en noir et blanc. Le monde est un endroit incroyablement beau quand on regarde de la bonne façon”.


J’ai réalisé que Tony avait fait l’expérience d’un éveil spirituel permanent comme un résultat de sa rencontre avec la mort.


Peu après avoir rencontré Tony, je vis une interview télé avec le dramaturge Dennis Potter, alors qu’il était en train de mourir du cancer. Potter remarqua qu’alors qu’il était en train de mourir, il se sentait plus heureux et plus en paix avec le monde qu’il ne l’était avant. Comme il le dit pendant l’interview, “Nous oublions que la vie peut seulement être définie en temps présent. Il n’y a que maintenant. Ce présent moment devient si frappant pour moi que d’une sorte de manière irrationnelle, je me sens serein. Je peux célébrer la vie.”


Comme pour Tony, la mort imminente de Dennis Potter a amené une transformation psychologique, un changement d’état de conscience plus élevé.


Je voulais comprendre pourquoi la mort avait un tel effet libérateur, et pendant des années j’ai rencontré plusieurs personnes qui avaient eu des expériences similaires comme le résultat d’un conflit intense subit, tel qu’une dépression lourde, une maladie grave, un deuil, un handicap, “l’atteinte du fond” avec l’alcool et ainsi de suite. Et un jour, il y a quatre ans, j’ai eu une expérience similaire moi-même alors que je me retrouvais malade à l’hôpital. J’ai eu une maladie peu connue appelé l’amygdalite purulente qui mène à une infection bactérienne sérieuse. Après que l’anxiété et la frustration initiale passèrent, je me sentis rempli d’un étrange sentiment de paix intérieure et de bien-être.


Peu après cet épisode, je décidais de chercher ce sujet avec plus de minutie et ai cherché autant de personnes que j’ai pu qui avait eu une transformation à travers la souffrance. à la fin quand j'ai interviewé près de 30 personnes, ces interviews servirent comme matériel de base pour la réalisation de mon livre ‘out of darkness’.


Au même moment, j’ai décidé de contacter de nouveau Tony, mais j’ai découvert que sa laverie n’était plus là. Personne ne sait ce qu’il est advenu de lui. Il doit être âgé maintenant, près de 80 ans, mais si quelqu’un lit ce texte et le reconnaît (peut-être même qu’il a déménagé aux US), prenez contact avec moi. Je voudrais le remercier il y a longtemps, pour m’avoir aidé à donner naissance à ce livre.


Traduit par Michaël Seyne le 19 Février 2015 à partir d’un texte de Steve Taylor.



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