jeudi 3 décembre 2015

Sortir des ténèbres BLOG07 - Ceux qui sautent

Ceux qui sautent
Qu'arrive-t-il lorsqu'une personne survit au saut à partir du Pont du Golden Gate ?


Au cours de l'été 1985, Ken Baldwin décida de se suicider. Il souffrait de dépression depuis son adolescence jusqu'à ce jour ou à l'âge de 28 ans, le stress et le manque de sommeil lié à sa condition de jeune père ne faisait qu'empirer son état. Il avait des voix dans sa tête qui lui disait qu'il avait échoué dans sa vie, qu'il était un gâchis et il était convaincu que sa femme et son jeune enfant seraient bien plus heureux sans lui. Il avait déjà essayé de se suicider avant cet épisode en faisant une overdose d'antidouleurs mais cette fois il était déterminé à réussir. Il dit à sa femme qu'il rentrerait tard du travail et conduisit à trois heures de chez lui sur le pont du Golden Gate à San Francisco.


Le pont du Golden Gate est le lieu le plus populaire aux États-Unis pour se suicider, peut-être même le plus populaire dans le monde. Depuis son ouverture il y a 75 ans, au moins 1.300 personnes s'y sont suicidées, ce qui fait une moyenne d'environ 20 personnes par année. Pratiquement une personne tous les 16 jours. Le pont est particulièrement populaire en raison de son emplacement magnifique et romantique mais aussi parce que c'est un moyen de mourir qui garantit l'absence d'échec. Tous ceux qui sautent ont environ 98 % de chances de réussir ce qui en fait un pourcentage bien plus élevé que par la pendaison, l'overdose ou l'arme à feu. Le pont mesure 67 mètres de haut et, après une chute de 4 secondes, celui qui saute atteint l'eau avec une vitesse de 120 km/h qui est d'une force équivalente à un camion qui rentre dans un mur.


À dix heures du matin, Ken Baldwin marcha calmement sur le pont et sauta directement par-dessus la balustrade. Au moment même où son bras lâcha prise, il comprit qu'il venait de faire une erreur. En dépit de toutes ces années à contempler le suicide, il savait finalement qu'il ne voulait pas mourir. Il décrivit que « tout ce à quoi je pensais était  : Mais qu'est-ce que je suis en train de faire ? C'est la pire chose que je puisse faire dans ma vie. Je pensais à ma femme et à ma fille. Je ne voulais pas mourir. Je voulais vivre. » Il se souvient d'avoir réalisé que « tout ce qui dans ma vie qui me semblait impossible à réparer l'était en réalité totalement, mis à part le fait d'avoir sauté. »


Heureusement, Ken tomba les pieds les premiers, ce qui est le seul moyen de survivre à la chute. Les os du fémur écrasé dans les jambes peuvent parfois protéger les organes vitaux du corps lors de l'impact de la chute. C'est avec les images en tête de sa femme et de sa fille ainsi que le cœur plein de regret que Ken s'évanouit. Il revint à lui quelques minutes plus tard sur le pont d'un bateau de sauvetage avec les gardes-côtes lui demandant « Savez-vous ce que vous venez de faire ? Avez-vous l'intention de recommencer ? »


Même à ce moment-là, il savait qu'il n'essayerait plus de se suicider. Allongé dans le bateau, il se sentait parfaitement heureux d'être en vie et d'avoir une nouvelle chance. Toutefois, pendant de nombreuses heures, il ne fut pas clair si cette seconde chance se matérialiserait. Bien qu'il n'eut aucun os cassé, il avait de sérieuse contusion aux poumons et il passa la nuit en soin intensif avec seulement 50 % de chance de survivre.


Lorsqu'il se rétablit, Ken sentit à l'égard de sa vie une immense gratitude qui ne le quitta jamais depuis. Comme il le décrit lui-même : « Avant, je ne souhaitais pas aller mieux. J’étais consumé par ma dépression. Mais après le saut, cela à changé parce que maintenant je souhaitais vivre. La plupart des personnes ont seulement une vie qui va de l'école à l'université, du mariage au travail et aux enfants. J'ai deux vies, l'une avant le saut, l'autre après. Je suis pratiquement une personne complètement différente maintenant. Je sais maintenant à quel point je suis chanceux d'être en vie. Je peux avoir une journée minable à l'école (Ken est aujourd'hui un enseignant de lycée), mais j'ai toujours ma vie. »


En d'autres mots, la tentative de suicide de Ken Baldwin a entraîné un changement psychologique et même une transformation spirituelle. Et son histoire est loin d'être exceptionnelle. En 1975, alors que seulement 10 personnes étaient connues pour avoir survécu à la chute depuis le pont (aujourd'hui le nombre est 26), le psychologue David Rosen les a cherché et a interviewé 7 d'entre eux. Il découvrit que tous eurent une expérience spirituelle pendant ou après leurs sauts. Ils firent l'expérience d'un sentiment de paix et de calme intense, une perception à un « pouvoir plus élevé » et une relation à tous les êtres humains ou à l'univers comme tout faisant partie d'une seule et même chose. Et cet état ne n'est par la suite jamais disparu. Bien que dans certains cas, ce fut un grand nombre d'années après leur saut, ils ont tous conservé ce sentiment de sens et de bien-être. En d'autres mots, ils ont vécu une transformation spirituelle permanente. La plupart de ceux qui sautent s'évanouissent au contact avec l'eau, mais deux personne interviewé sont restés consciente et ont eu une profonde expérience spirituelle à ce moment-là. Comme l'un d'entre eux le décrit :


« Lorsque j'entrais dans l'eau, je sentis comme une impression de vide et de compression, comme si une énergie déplaçait l'énergie de la surface de l'eau. En premier, tout devenait noir, puis marron gris, puis lumineux. Cela ouvrit mon esprit, comme un éveil. C'était très reposant. Quand je revins au-dessus de l'eau, je réalisais que j'étais en vie. Je me sentis renaître. Je me déplaçais dans l'eau en chantant, j'étais heureux car il s'agissait d'un événement joyeux. Cela confirma ma croyance qu'il y avait un monde spirituel plus élevé. Je fis l'expérience de la transcendance et à ce moment je me sentis rempli d'un espoir et d'un sens nouveau du fait d'être en vie. »


Voici comment l'homme dit à Rosen comment, depuis son saut, il a été extrêmement conscient de l'aspect précieux de la vie et de la beauté dans le monde :


« C'est au-delà de la compréhension des personnes. J'apprécie le miracle de la vie, comme simplement regarder une mouche voler, tout à plus de sens quand vous avez failli tout perdre. J'ai fait l'expérience d'un sentiment d'unité avec toutes les choses et de renouveau à l'égard de toutes les personnes. Après ma renaissance psychologique, j'ai aussi ressenti la douleur de chacun. »


Un grand nombre de survivant on mentionné leur aptitude à être empathique avec les autres personnes. Ils pouvaient ressentir la douleur des autres et avait le désir de les aider. Peut-être cela nous dit quelque chose à propos de la nature de la dépression. Les personnes déprimé son souvent submergé par elles-mêmes, elles sont tellement préoccupées par leurs propres problèmes qu'elles ne peuvent pas se connecter à d'autres personnes. La recherche a montré par exemple que les personnes qui souffrent de la dépression sont moins amené à répondre aux demandes d'aide ou de charité. Mais pour ceux qui sautent, le brouillard de leur submersion dans le soi fut dissipé par le choc et l'émerveillement de leur survit. Ils devinrent capables d'aller au-delà de leurs propres egos. Un de ceux qui ont sauté a dit à Rosen qu'il avait cassé les vieux réflexes et qu'il pouvait maintenant sentir l'existence des autres. Un autre lui a dit qu'il aimait maintenant Dieu et qu'il voulait faire des choses pour les autres.


Certains des survivants ont interprété leurs expériences avec des termes religieux. Une personne a dit à Rosen qu'avant de sauter il était agnostique mais à la suite de cet événement « je devins complètement chrétien, je crois en Dieu et en Jésus-Christ. C'est un chemin qui continue, ma croissance et ma renaissance se fait à travers ma souffrance. » Un autre survivant utilisa aussi la terminologie religieuse mais d'une manière plus mystique, en disant que depuis son saut il sentait qu'il y avait un « Dieu bienveillant au paradis qui imprégnait toutes les choses dans l'univers » et que tous les êtres humains sont « membres de la divinité, l'humanité dieu. »


Ceux qui ont sauté ont reçu un sursis. Approcher si près de la mort les as éveillé à la merveille et la beauté du monde que la négativité de leurs pensées et leurs émotions les avaient séparé. Ils réalisèrent que jusqu'à ce moment, ils avaient considéré la vie comme un acquis. En s'éveillant à sa véritable valeur, ils ne la virent plus comme étant acquise. Malheureusement la véritable tragédie est bien sûr que des milliers d'autres personnes n'ont jamais eu cette seconde chance. Cette chance de pouvoir corriger l'erreur gigantesque qui est de sauter du pont.

Publié le 29 Septembre 2011 par Steve Taylor et traduit le 03 Décembre 2015 par Michaël Seyne


lundi 26 octobre 2015

Sortir des ténèbres BLOG06 - L'effet lunaire ou la psychologie du voyage spatial

L'effet lunaire ou la psychologie du voyage spatial
Pourquoi le voyage dans l'espace amène une transformation psychologique ?

La fin du programme spatial américain Shuttle m'a récemment amené à penser aux effets psychologiques du voyage spatial tel qu'ils ont été rapporté par les astronautes. Dans les années 60 et 70, c'est-à-dire au moment où l'exploration spatiale était à son sommet, il était bien connu qu'un grand nombre d'astronautes aient vécu dans l'espace une expérience de transformationnel. Un journaliste du Time avait même inventé un terme pour ce phénomène, l'effet lunaire.

Sur les 24 astronautes américains qui ont voyagé jusqu'à la lune dans la fin des années 60 jusqu'au début des années 70, il semble que la majorité d'entre eux ait eu des expériences importantes pendant leur voyage et fut transformée par elles de manières permanentes.

Charlie Duke, un membre de la mission Apollo 16 d'avril 1972, regarda le paysage lunaire à travers le hublot et eut la vision mystique d'une présence du divin. Voici comment il décrivit cette vision : « J'étais submergé par la certitude que ce dont j'étais témoin faisait partie de l'universalité de Dieu ». Tandis qu'il marchait sur la lune et qu'il regardait ses pieds laisser des empreintes dans la poussière lunaire, il craque et les larmes coulèrent. « Ce fut l'expérience la plus bouleversante de toute ma vie ».

Edgar Mitchell était un membre de la troisième mission à succès vers la lune en janvier 1971 et détient le record la plus longue marche sur le sol lunaire (9 heures et 17 minutes). Tandis qu'il regardait la terre de son vaisseau, il sentit un sentiment écrasant d'euphorie et de tranquillité, son état de conscience se transforma à un point où il ressentit le sens de l'univers.

L'expérience changea le cours de sa vie. Il retourna son attention de l'espace extérieur vers l'espace intérieur. Il commença à lire des livres sur la spiritualité et à faire des recherches sur les états de conscience altérés et sur les phénomènes psychiques. Après les deux années qui ont suivi son voyage sur la lune, il quitta la NASA et ouvrit son propre institut de recherche, l'institut des sciences noétiques, qui s'épanouit encore aujourd'hui.

Gene Cerman qui participa à deux missions lunaires, Apollo 10 et 16, eut une vision créatrice de sens similaire. En regardant la terre à partir de l'espace, il sentit que « c'était trop beau pour avoir été créé par accident... Il doit y avoir un créateur de l'univers qui se place au-dessus des religions dont nous sommes les créateurs. »

Rusty Schweikhart n'a pas fait le voyage jusqu'à la lune, il était un membre de la mission Apollo 9 de mars 1969 dont la mission était de faire des tests pour préparer l’atterrissage sur la lune, plus tard de la même année. Toutefois sa vision de la Terre à partir de l'espace a changé sa vie. L'un des tests était une promenade dans l'espace autour du module lunaire où il flotta à 160 kilomètres au-dessus de la terre et une autre fois seulement à quelques kilomètres au-dessus de la lune. Alors qu'il regardait en dessous de lui, il eut l'impression de perdre son identité d’astronaute américain et se senti « comme faisant partie de tout le monde et de toutes les choses qui s'étendait en dessous de moi ». Et il se sentit profondément attaché et reconnaissant envers la planète terre, « Cette minuscule et magnifique terre, la planète qui me garde en vie, qui me donne tout ce que j'ai, la nourriture que je mange, l'eau que je bois, l'air que je respire, la beauté de la nature . Et tout est si parfaitement équilibré et organisé pour que tout cela soit possible. Cette magnifique petite planète tournant dans l'espace.»

L'état de conscience élevé de Rusty persista après son retour sur Terre et le conduisit à changer sa vie. Bien qu'avant cette expérience, il donna très peu d'importance à ce qui ne concernait pas directement sa carrière d'astronaute, il commença à avoir un nouveau sentiment de connexion qui lui fit ressentir le besoin d'aider les autres. Il commença à travailler bénévolement dans un hôpital pour personne dépendante à la drogue et à conseiller par téléphone des adolescents en difficulté. Il commença aussi à pratiquer la méditation transcendantale.

Pourquoi le voyage spatial entraîne-t-il cet effet ? Je me permets de suggérer trois raisons possibles :
  • Après avoir vu la fragilité de la terre dans l'espace, les astronautes ne considèrent plus rien comme étant acquis. Ils deviennent davantage conscients de la chance qu'ils ont d'être en vie.
  • L'immensité de l'espace leur donne une perception plus étendue qui fait qu'ils ne sont plus vraiment touchés par les inquiétudes superficielles.
  • De la même façon, ils deviennent moins centrés sur eux-même, moins centrés sur leurs propres désirs et besoins.
  • En voyant l'univers s'étendre à l'infini autour d'eux, leur donne un sentiment de clarté et de connexion qui ne les quitte plus, un sentiment de faire partie d'une unité.
Publié par Steve Taylor, le 03 Septembre 2011 et traduit par Michaël Seyne le 26 Octobre 2015
source : https://www.psychologytoday.com/blog/out-the-darkness/201109/the-lunar-effect-the-psychology-space-travel

lundi 7 septembre 2015

Sortir des ténèbres BLOG05 - Pourquoi le temps semble-t-il aller à des allures différentes ?

Pourquoi le temps semble-t-il aller à des allures différentes ?
Est-ce que le temps accélère vraiment quand nous vieillissons ?
J'ai six ans, dans la voiture avec mes parents et mon frère, nous rentrons de vacances annuelles de deux semaines à Conwy dans le Nord du pays de galles. Il fait nuit et le voyage semble durer un temps fou. Je reste allongé dans le siège arrière à regarder les lumières orange des lampadaires et des maisons qui passent et je me demande si l'on va jamais arriver à la maison.
« Est-ce qu'on est bientôt arrivé ? » Je demande à mon père.
« Ne dis pas n'importe quoi. » Dit-il. « Nous ne sommes partis que depuis 30 minutes. »
Ma mère joue à quelques jeux avec nous pour nous aider à faire passer le temps plus vite. Nous écoutons la radio un moment et je m'endors. Quand je me réveille il me semble que j'ai été dans la voiture pendant une éternité et je n'arrive pas à croire que nous ne sommes toujours pas à la maison.
Le voyage de Conwy à Manchester nous prenait deux heures quand j'étais enfant et prends encore aujourd'hui à peu près deux heures. (bien que légèrement moins en raison de l'amélioration des routes). J'ai encore fait ce voyage il y a quelques années et je n'arrivais pas à croire à partir de ma perspective adulte à quel point il était court. Ces deux heures, qui semblaient durer une éternité lorsque j'avais six ans n'étaient rien. Ma petite amie conduisait et nous parlions, écoutions des cassettes, regardions les campagnes galloises qui s'étendaient jusqu'à la frénésie urbaine du nord-ouest de l'Angleterre, et nous étions de retour à Manchester avant que je puisse m'en rendre compte. C'était un peu effrayant, qu'est-ce qu'il s'est passé pendant ce temps que contenaient deux heures alors que j'avais six ans ?
Cette histoire semble concorder avec l'expérience de la plupart des personnes. Un grand nombre d'entre nous sentent que le temps se déplace très lentement quand nous sommes enfants et que graduellement il accélère alors que nous grandissons. Nous avons tous remarqué cela, comment Noël semble venir plus rapidement chaque année, comment nous commençons à nous habituer à écrire la date de l'année sur nos chèques et que nous réalisons qu'elle est presque terminée. Comment nos enfants sont en train de terminer l'école alors qu'il ne semble pas si long le temps où nous leur changions les couches. Ainsi de suite.
Des questionnaires de psychologues ont montré que presque tout le monde, dont des étudiants d'université, sentent que le temps passe plus vite aujourd'hui en comparaison au temps où ils avaient la moitié ou le quart de l'âge qu'ils ont aujourd'hui. Et ce que montrent un certain nombre d'expériences qui est peut-être plus frappant est que lorsque l'on demande aux personnes les plus âgées de deviner la durée d'un intervalle de temps, ou de « reproduire » cette longueur de période de temps, ils devinent une quantité plus courte que les personnes plus jeunes.
Nous commençons généralement à devenir conscient de cette accélération vers la fin de nos années vingt, quand la plupart d'entre nous commençons à nous « installer ». Lorsque nous avons des emplois réguliers, que nous nous marrions et avons un domicile, nos vies deviennent alors des habitudes quotidiennes au travail, dans les transports, dans nos repas et en regardant la télévision. La routine hebdomadaire comme par exemple aller à la gym le lundi soir, au cinéma le mercredi soir ou aller boire un coup avec des amis le vendredi soir, etc. Et dans la routine annuelle avec les anniversaires, les vacances d'été et les fêtes. Après quelques années, nous commençons à réaliser que le temps que nous mettons pour aller le long de toutes ces habitudes décroît comme si nous étions sur une plaque tournante dont la vitesse accélérait à chaque tour.
Cette accélération est probablement responsable du phénomène que les psychologues appels 'le télescopage en aval', notre tendance à penser à des événements qui sont passé il y a plus longtemps que nous le pensons. Les mariages, les morts et les naissances, quand nous regardons en arrière à ces événements ayant des significations particulières, nous sommes souvent surpris de voir qu'ils sont arrivé il y a si longtemps, choqué de découvrir que cela fait déjà quatre ans qu'un ami est mort alors que nous pensions que cela ne fait que deux ou trois ans, ou qu'une nièce a déjà dix ans alors qu'il ne semble y avoir que quelques années qu'il est né.
Les théories proportionnelles et biologiques
Alors pourquoi faisons-nous l'expérience de l'accélération du temps ?
Une réponse populaire est la théorie « proportionnelle », qui suggère que le facteur important est que alors que vous vieillissait, chaque période de temps constitue une fraction plus courte de votre vie dans son entier. Cette théorie semble avoir été mis en avant pour la première fois par Paul Janet en 1877 qui a suggéré la loi que William James a décrite comme « L'apparente longueur d'un intervalle moment donné de la vie d'un homme est proportionnel à la longueur de sa vie elle-même. Un enfant de 10 ans ressent une année comme 1 dixième de sa vie entière, un homme de 50 ans à l'impression d'avoir 1 cinquantième de sa vie, la vie complète semblant en apparence garder une longueur constante. »
À l'âge d'un mois, une semaine est le quart de notre vie complète, alors il est inévitable que cela semble durer longtemps. À l'âge de 14 ans, une année constitue environ 7 % de votre vie, alors il semble que chaque année soit un grand moment. Mais à l'âge de 30 ans, une semaine est seulement un petit pourcentage de votre vie et à 50, une année est seulement 2 % de votre vie, si bien que votre sentiment subjectif est qu'il y a une quantité de temps insignifiante qui passe très rapidement.
Il y a une certaine logique à cette théorie, elle offre une explication pourquoi le temps semble augmenter graduellement et cela avec une constance quasiment mathématique. Il y a toutefois un problème, c'est qu'essayer d'expliquer le temps présent seulement en terme de temps passé. L'hypothèse derrière cela est que nous expérimentons continuellement nos vies comme un tout et percevons chaque jour, semaine, mois ou année devenant toujours plus significatif en relation à la totalité. Mais nous ne vivons pas nos vies comme ça. Nous vivons avec des périodes de temps bien plus petites, d'heure en heure, de jour en jour, ayant affaire à chaque période de temps pour elles-même, indépendamment de ce qui s'est passé avant.
Il y a aussi les théories biologiques. L'une d'entre elles est que l'accélération du temps est liée à la façon dont notre métabolisme ralenti graduellement tandis que nous vieillissons. Comme le cœur des enfants bat plus vite que le nôtre, parce qu'ils respirent plus rapidement et que leur sang circule plus vite, etc. L'horloge de leurs corps couvre plus de temps durant 24 heures que les nôtres lorsque nous sommes adultes.
Les enfants vivent plus de temps simplement parce qu'ils se déplacent dans le temps plus rapidement. Pensez à une horloge qui est réglée pour aller 25 % plus vite que le temps normal. Après 12 heures de temps normal, cette horloge aura 15 heures, après 24 heures de temps normal, cette horloge en aura 30, ce qui signifie que du point de vue de cette horloge, un jour contient plus d'heure que ce que nous avons l'habitude. D'un autre point de vue, les vieilles personnes sont comme des horloges qui avanceraient plus lentement que la normale, si bien qu'ils restent en arrière dans le temps et n'ont pas encore 24 heures lorsque les horloges normales les ont atteintes.
Aussi, d'un point de vue biologique, il y a la théorie de la « température du corps ». Dans les années 30, le psychologue Hudson Hoagland a conduit une série d'expériences qui ont montré que la température du corps causait différentes perceptions du temps. Une fois, alors que sa femme était malade, qu'elle avait la fièvre et qu'il veillait prêt d'elle, il remarquait qu'elle se plaignait qu'il était absent pendant une longue période même lorsqu'il était absent pour une courte période. Avec un détachement scientifique admirable, Hoagland testa sa perception du temps à différentes températures et découvrit que plus élevée était la température, plus le temps semblait passer lentement pour elle, et le plus long elle faisait l'expérience de chaque période de temps.
Hoagland a suivi plusieurs expériences presque sadiques avec ses étudiants, qui impliquer de leur faire subir des températures supérieures à 65 degrés en portant des casques chauffant. Cela montra que lorsque l'on élève la température du corps d'une personne, on peut aussi ralentir son impression du passage du temps jusqu'à 20 %. Et le point important ici est peut-être que les enfants ont une température du corps plus importante que les adultes, qui peut signifier que le temps est « étendu » pour eux. D'une manière similaire, la température de notre corps devient graduellement plus bas.
Toutefois, selon moi, la meilleure façon d'expliquer cette accélération du temps est ce par ce que j'appelle « la théorie perceptuelle ».
La perception explique pourquoi le temps semble aller plus vite en vieillissant

Dans mon article précédent, j'ai examiné la question de savoir pourquoi il apparaît que le temps accélère lorsque l'on devient plus vieux et j'ai examiné deux théories différentes pour pouvoir l'expliquer, la théorie biologique et la théorie proportionnelle. Toutefois, selon moi, l'accélération du temps dont nous faisons l'expérience est principalement lié à notre perception du monde autour de nous et de nos expériences, et comment cette perception change tandis que nous vieillissons.

La vitesse du temps semble être largement déterminé par la façon dont notre esprit absorbe et traite l'information. Plus il y a d'information, plus le temps ralenti. Cette relation a été vérifiée par le psychologue Robert Ornstein dans les années 60. Dans une série d'expériences, Ornstein a fait écouter des cassettes à des volontaires avec une grande variété de sons comme par exemple des cliquetis et des bruits ménagers. À la fin il leur demandait d'estimer la durée de ce qu'ils avaient écouté sur l'enregistrement et il découvrit que lorsqu'il y avait plus d'informations sur la cassette (s'il y avait le double du nombre de cliquetis), les volontaires estimaient la période de temps comme étant plus longue. Il découvrit que cela s'appliquait aussi à la complexité de l'information. Quand on leur demandait d'examiner différents dessins et des peintures, les participants qui avaient les images les plus complexes estimaient avoir la période de temps la plus longue.

Et si l'information ralentie le temps, peut-être que l'une des raisons pourquoi le temps ralenti pour les enfants est en raison de la quantité massive d' « information perceptive » qu'ils reçoivent du monde autour d'eux. Les jeunes enfants semblent vivre dans un monde complètement différent que celui des adultes, un monde plus intense, plus réel, plus fascinant et plus beau. C'est une des raisons pour lesquels nous appelons souvent l'enfance comme un temps béni, parce qu'à ce moment-là, le monde était pour nous un lieu bien plus excitant et bien plus beau, toutes nos expériences étaient intenses. Une perception intensifiée chez les enfants signifie qu'ils sont constamment en train de prendre un grand nombre de détails auxquels les adultes ne font pas attention, les petites craquelures autour d'une fenêtre, les petits insectes qui rampent sur le sol, les motifs créés par la lumière du soleil sur le tapis, etc. Et même les choses sur une plus grande échelle, que nous, adultes, voyons aussi bien semble être bien plus réels pour eux, plus brillantes avec plus de présence et d'intensité. Toutes ces informations élargissent le temps pour les enfants.

En vieillissant, nous perdons cette intensité de perception et le monde devient un lieu morne et familier, si morne et familier que nous n'y faisons plus attention. Après tout, pourquoi feriez-vous attention aux immeubles et aux rues que vous traversez pour aller au travail ? Vous les avez vus un bon millier de fois auparavant et ils ne sont ni beaux ni fascinants, ils sont justes… ordinaires. Comme le dit Wordsworth dans un poème fameux « Intimations of Immortality », la vision de l'enfance qui permet à toutes les choses d'être « revêtus de la lumière céleste » commence « à se faner à la lumière des jours communs ». Et c'est pourquoi le temps s'accélère pour nous. Alors que nous devenons adultes, nous commençons à nous « débrancher » de la merveille et de la présence du monde, graduellement nous arrêtons d'être attentif et conscient à nos alentour et expériences. En résultat nous prenons moins d'informations et le temps passe plus vite. Le temps est moins « étiré » par l'information.

Vieille et nouvelle expérience

Une fois que nous devenons adultes, il y a un processus de « familiarisation » progressive qui continue tout au long de notre vie. Le plus longtemps nous vivons, le plus familier le monde devient, si bien que la quantité d'informations perceptuelles que nous absorbons décroît chaque année et le temps semble passer plus vite chaque année.

Il y a deux raisons principales pourquoi cela arrive. D'une part, tandis que nous vieillissons il y a progressivement moins de nouveautés dans nos vies. D'une année à une autre, nous usons graduellement la réserve de nouvelles expériences disponible pour nous. Et deuxièmement, en vieillissant, toutes les expériences que nous avons eues deviennent pour nous familière. Non seulement nous avons moins de nouvelles expériences mais les expériences avec lesquels nous sommes déjà familiers deviennent progressivement moins réel. William James écrit « chaque année qui passe, les expériences passées deviennent des habitudes automatiques. » De la même façon que nous faisons l'expérience d'un grand nombre de nouvelles choses, une femme de 20 ans est toujours « fraîche » au monde phénoménal qui l'entoure, mais durant les 20 prochaines années, elle regardera les mêmes rues et le même ciel et les mêmes arbres des milliers de fois, si bien que leur réalité va petit à petit s'effacer.

Par le même effet, ce lien entre le temps et l'information peut expliquer d'autres aspects du temps. Une des « lois » du temps psychologique que j'ai détaillé dans mon livre « Faire le temps » est que le « temps semble ralentir quand nous sommes exposés à de nouveaux environnements et expériences. » C'est à cause de notre non-familiarité avec ces nouvelles expériences qui nous permettent de recueillir plus d'informations. Une autre loi est que le « temps va plus rapidement en état d'absorption ». La raison en est que durant un état d'absorption, notre attention est réduite à un point en particulier et nous bloquons l'information de nos alentour. Au même moment il y a très peu « d'informations cognitives » dans notre esprit puisque la concentration a calmé la « discussion mentale » normale de l'esprit. D'un autre côté, le temps va plus lentement en état d’ennui et d'inconfort parce que dans ces situations, notre attention n'est pas occupée et une quantité massive de « discussion mentale » circule dans notre esprit amenant une quantité énorme d'information cognitive.

Le temps ne doit pas nécessairement accélérer alors que nous vieillissons. À un certain degré, cela dépend de la façon dont nous vivons nos vies et comment nous nous relions à nos expériences. Je parlerais de cela dans mes prochains articles.

Article publié par Steve Taylor le 07 Juillet 2007 et traduit le 06 Septembre 2015
Source : https://www.psychologytoday.com/blog/out-the-darkness/201107/why-does-time-seem-pass-different-speeds

jeudi 3 septembre 2015

Stiegler Pourquoi et comment philosopher aujourd'hui ?




« Nul n'entre ici n'est grammairien », en référence à « Nul n'entre ici s'il n'est géomètre » de l'académie de Platon.

L'importance du rôle de la grammaire dans la pensée indienne (Sylvain Auroux), elle à la même place dans l'inde ancienne que la géométrie dans la société occidentale.

La grammaire est la science du pharmacon, science de l'écriture du langage. L'écriture est un pharmacon qui est apparut en premier de manière tatonante, puis vint les grammairiens qui apparaissent (dans le cas de la Grèce) après les philosophes.

Ils vont isoler des types de mots, produiront des catégories à l'origine de la logique formelle. Cheminement fondamental jusqu'à aujourd'hui avec la révolution numérique.

Il est important aujourd'hui de rétablir un dialogue entre la géométrie (occident) et la grammaire (orient).

Pourquoi (et) (puis) comment philosopher aujourd'hui ?

L'ordre des question est une problématique importante, demander pourquoi puis comment n'est pas anodin. Le philosophe se distingue par la façon dont il ordonne les questions.

Poser la question du pourquoi avant le comment, signifie toujours en principe que la fin précède les moyens. Les moyens ne serait que des moyens, et la fin contrôlerait en totalité les moyens.

Par la raison, je peux dominer la matière dont ces moyens sont fait. L'opposition entre mon esprit et la matière de Descartes.

Cette façon de penser est dépassé, contesté depuis le 19ème siècle par les matérialistes, beaucoup contesté par la suite par les existentialistes et les phénoménologues.

La pensée, « l'esprit peut se rendre dominant de la matière dans sa totalité » (se rendre maître et possesseur de la nature) ça appartient (selon les philosophes du Xxème siècle, phénoménologues, déconstructionistes) à ce que l'on appelle la métaphysique (de Platon à Husserl) qui est un courant de pensée qui était dominant mais est devenue caduque.

Plus personne d'honnête ne croit que la fin justifie les moyens, cela ne signifie pas pour autant que les fins sont rabattu sur les même plans que les moyens. Il existe une différence radicale entre les moyens et les fins. Lorsque les moyens prennent la place des fins, la catastrophe est imminente.

Les fins sont conditionnés par les moyens, elles ne sont ni séparé, ni ne domine les moyens. Fin et moyen forment une relation qui est déterminé par la qualité de la relation, un terme de cette relatio n'existe pas sans l'autre, et les deux termes sont modifié en fonction de l'autre. Ce sont des variables dépendantes.

Les moyens qui ne peuvent pas être maîtrisé par les fins, je les appels les pharmaca (pluriel de pharmacon). Ils augmentent et transforment nos capacités, ils transforme notre puissance d'agir (Spinoza), ils nous transforment nous-même et par là fait dévier nos finalités, nos motifs, nos motivations, nos buts. Ils peuvent intensifier notre existence, ils peuvent aussi la réduire.

Les pharmaca sont aujourd'hui des poisons, ce sont les techniques qui conditionnent toutes les finalités des êtres humains que nous tentons d'être en où extériorisant. L'être vivant s'extériorise avec les objets techniques comme des organes artificiels.

Le langage est un pharmacon, il s'agit d'une technique qui peut agir sur le réel. La langue est un pouvoir et elle est dangereuse. « Je fais la guerre »

Aujourd'hui, nous vivons une guerre économique mondiale qui est mené par la financiarisation. Une automatisation mené par des logiciels qui court-circuite les décisions humaines. Une substitution des fins par les moyens et une prolétarisation (perte) des savoirs. Un anéantissement des capacité de prise de décision qui condamne à la paralysie et l'impuissance.

Je crois qu'il est possible de sortir de la crise créé par l'utilisation des pharmacas qui l'on eux-même créé. Cela dépendra de nos capacités à prendre des décisions thérapeutiques. Transformer les moyens devenus toxiques en dispositifs thérapeutique nouveau. Une nouvelle façon de prendre soin et de faire que les poisons deviennent des remèdes.

Philosopher aujourd'hui c'est se consacrer à faire de la pharmacologie. C'est se consacrer à l'étude de la façon transformer ce qui est toxique dans les pharmacas en remèdes curatifs. Faire l'inverse de l'économie conservatrice et consumériste qui a transformé l'investissement en spéculation.

Il est nécessaire de constituer une nouvelle croyance après le nihilisme. L'homme est un être malade et en tant que tel il peut inventer une thérapeutique. Les techniques, pharmacas, qui sont utilisé pour la guerre, peuvent être utilisé pour la paix.



mardi 24 février 2015

Sortir des ténèbres BLOG04 - Des vacances optimales: Faire de votre temps libre, du temps profitable

Des vacances optimales: Faire de votre temps libre, du temps profitable
Pourquoi les vacances sont importantes et comment nous pouvons les maximiser ?


Pourquoi est-il important pour nous d’aller en vacances souvent ? Il peut y avoir différentes raisons : pour se relaxer et recharger nos batteries, pour boire et s’amuser, pour rencontrer de nouveaux partenaires romantiques, pour nous éloigner des corvées et des problèmes de notre vie quotidienne. Mais peut-être la raison principale pour laquelle les vacances sont aussi importantes pour nous, aussi étrange que cela puisse paraître, est qu’elles élèvent notre conscience de soi.


Pour la plus grande partie, nous vivons nos vies dans des environnements qui nous sont entièrement familiers, et nos vies consistent largement en des expériences que nous avons répété un grand nombre de fois avant. Mais lorsque l’on va en vacances, tout cela change. Les bâtiments étrangers dans les rues et les différentes nourritures, language et culture sont plus réels pour nous. Ils sont tellement différents que nous leur donnons une bien plus grande attention. Et en résultat nous devenons beaucoup plus présent que lorsque nous sommes à la maison. Nous passons moins de temps immergé dans la discussion-pensée de notre mental, ou nous donnons moins d’intérêts aux distractions de la télévision ou de l’ordinateur. Pourquoi resteriez-vous dans la chambre de votre hôtel ou regarderiez-vous la télé quand vous pouvez être assis au café de la plage et regarder les bateaux passer, ou alors marcher le long des rues d’une cité antique ? Pourquoi donneriez-vous de l’attention à la discussion sur vos soucis intérieurs de votre tête quand il y a tant de choses stimulantes et de belles choses à voir à l’extérieur de vous ?


Le résultat, lorsque nous sommes en vacances, est d’être souvent dans un état naturel de pleine conscience. Cet état qui est une attention entière à notre expérience. Nous développons la sorte de vision fraîche, de première fois dont le jeune enfant fait l’expérience. Comme le fait remarquer le psychologue du développement Alison Gopnik, “En tant qu’adultes quand nous faisons face un l’inconnu, quand nous tombons amoureux de quelqu’un de nouveau ou lorsque l’on voyage dans un nouveau lieu, notre conscience de ce qui nous entoure et de notre intérieur devient bien plus vif et intense, de la même façon que les enfants.” Dans une certaine mesure, cela dépend aussi du type de vacances que vous prenez. Si vous voulez faire l’expérience de cet effet d’éveil, il est mieux d’éviter les vacances dans les structures touristiques, où tout est identique à l’environnement de votre maison. Choisissez un type de vacance que vous ne connaissez pas, tel qu’une aventure avec un sac à dos, ou des activités de vacances que vous n’avez jamais faites auparavant (comme faire du vélo, une randonnée ou du chant) ou passez quelques jours dans une ville étrangère.


Toutefois il est aussi important de ne pas rendre vos vacances trop occupées et trop chargées. La nouveauté est importante mais trop de nouveautés peuvent surcharger nos esprits. Si vous passez vos journées à courir d’un musée à un autre, votre esprit se fatiguera rapidement et commencera à s’éloigner de votre expérience. Personnellement, je suis un grand amateur des vacances lentes. Des vacances lentes se déroulent généralement à la campagne en ne voyageant pas trop et en évitant les circuits touristiques. Cela signifie généralement que l’on mange de la nourriture qui pousse localement, on marche et on fait du vélo, en passant beaucoup de temps à se relaxer et à être tranquille. Peut-être qu’idéalement, nous devrions combiner certains aspects des “vacances lentes” avec quelques inconnues, par exemple en restant dans un coin relaxant et calme tout en s’émergeant soi-même dans une culture étrangère. De cette façon, votre état d’esprit détendu augmentera votre capacité à être totalement présent à toutes vos expériences et vous permettre de vous engager davantage sur un chemin inconnu. Cela aura aussi un grand effet sur le passage du temps. Les personnes se plaignent souvent que leurs vacances passent trop vite mais à un certain niveau, cela dépend du genre de vacances que vous prenez.


Á côté des recherches pour mon livre “Making Time”, Je suis allé à l’aéroport de Manchester au UK avec un collègue et j’ai posé deux questions aux personnes revenant de leurs vacances : “Quel genre de vacance avez-vous eu ?” et “Sentez-vous que le temps soit passé plus vite que d’habitude ?”. J’ai trouvé qu’il y avait une forte relation entre le degré de familiarité ou d’aventure et la vitesse à laquelle le temps passait. Les vacances qui passent les plus rapidement se déroulent dans les structures touristiques, tandis que celles qui passent le plus lentement sont les plus aventurières et les moins familières. Dans ce dernier cas, les personnes font souvent des commentaires comme “Je suis seulement parti pour quelques jours, mais ça m’a semblé durer des semaines.”


Approché de la bonne manière, avec le bon degré de nouveauté et de relaxation, les vacances peuvent nous aider à vivre le présent et à ouvrir nos esprits à davantage de réalité.


Traduit le 24 Février 2015 par Michaël Seyne à partir d’un texte de Steve Taylor
Source:https://www.psychologytoday.com/blog/out-the-darkness/201106/optimum-holidays-making-the-most-your-time-away

jeudi 19 février 2015

Sortir des ténèbres BLOG03 - Le gourou de la laverie

Le gourou de la laverie
Un peu de sagesse en lavant son linge


Un jour, il y a environ 15 ans, alors que je vivais en colocation à Manchester, mon colocataire rentra dans l’appartement dans un état d’enthousiasme : “Tu devrais rencontrer le propriétaire de la laverie du quartier, c’est vraiment un type spirituel, comme un gourou !” Intrigué, j’y amenais ensuite un panier de linge sale et à peine je mis le premier pas et franchit la porte, je réalisais qu’il ne s’agissait pas d’une laverie ordinaire. Elle était peinte de couleurs vives et attractives, et il y avait des citations inspirantes fixées sur le mur. Et je réalisais rapidement que le grand homme aux cheveux blancs qui était occupé à vider une machine n’était pas un gérant de laverie ordinaire.


Un peu après que je commençais à discuter avec lui, il se présenta lui-même comme étant Tony et il me raconta la transformation incroyable par laquelle il est passé quelques années plus tôt, alors qu’il faillit mourir d’une attaque cardiaque. Jusqu’à ce moment il fut un homme d’affaires qui consacrait sa vie à faire de l’argent. Comme il le dit aujourd’hui, “Je ne faisais que courir en avant, pas vraiment vivre.” Quand il eut son attaque cardiaque à l’âge de cinquante deux ans, ce fut comme de s’éveiller d’un rêve.


Il me dit que “Cela peut sembler ridicule mais c’est la meilleure chose qui me soit jamais arrivé” et “Que cela me fit réaliser que la seule chose importante dans la vie n’est pas d’avoir du succès ou d’avoir des richesses, mais d’être heureux. Je me sens comme si je vivais dans un monde multicouleur en comparaison à un monde en noir et blanc. Le monde est un endroit incroyablement beau quand on regarde de la bonne façon”.


J’ai réalisé que Tony avait fait l’expérience d’un éveil spirituel permanent comme un résultat de sa rencontre avec la mort.


Peu après avoir rencontré Tony, je vis une interview télé avec le dramaturge Dennis Potter, alors qu’il était en train de mourir du cancer. Potter remarqua qu’alors qu’il était en train de mourir, il se sentait plus heureux et plus en paix avec le monde qu’il ne l’était avant. Comme il le dit pendant l’interview, “Nous oublions que la vie peut seulement être définie en temps présent. Il n’y a que maintenant. Ce présent moment devient si frappant pour moi que d’une sorte de manière irrationnelle, je me sens serein. Je peux célébrer la vie.”


Comme pour Tony, la mort imminente de Dennis Potter a amené une transformation psychologique, un changement d’état de conscience plus élevé.


Je voulais comprendre pourquoi la mort avait un tel effet libérateur, et pendant des années j’ai rencontré plusieurs personnes qui avaient eu des expériences similaires comme le résultat d’un conflit intense subit, tel qu’une dépression lourde, une maladie grave, un deuil, un handicap, “l’atteinte du fond” avec l’alcool et ainsi de suite. Et un jour, il y a quatre ans, j’ai eu une expérience similaire moi-même alors que je me retrouvais malade à l’hôpital. J’ai eu une maladie peu connue appelé l’amygdalite purulente qui mène à une infection bactérienne sérieuse. Après que l’anxiété et la frustration initiale passèrent, je me sentis rempli d’un étrange sentiment de paix intérieure et de bien-être.


Peu après cet épisode, je décidais de chercher ce sujet avec plus de minutie et ai cherché autant de personnes que j’ai pu qui avait eu une transformation à travers la souffrance. à la fin quand j'ai interviewé près de 30 personnes, ces interviews servirent comme matériel de base pour la réalisation de mon livre ‘out of darkness’.


Au même moment, j’ai décidé de contacter de nouveau Tony, mais j’ai découvert que sa laverie n’était plus là. Personne ne sait ce qu’il est advenu de lui. Il doit être âgé maintenant, près de 80 ans, mais si quelqu’un lit ce texte et le reconnaît (peut-être même qu’il a déménagé aux US), prenez contact avec moi. Je voudrais le remercier il y a longtemps, pour m’avoir aidé à donner naissance à ce livre.


Traduit par Michaël Seyne le 19 Février 2015 à partir d’un texte de Steve Taylor.



dimanche 11 janvier 2015

Sortir des ténèbres BLOG02 - L’appel à se réveiller : Est-ce que la souffrance nous dispose à être libre ?

L’appel à se réveiller : Est-ce que la souffrance nous dispose à être libre ?
Pourquoi est-ce que les tourments psychologiques peuvent avoir un puissant effet d’éveil ?


Dans mon dernier message, j’ai mentionné que l’un des déclencheurs les plus fréquents des expériences spirituelles (ou des expériences d’éveil comme je préfère les appeler) est l’agitation psychologique. En fait, mes recherches ont montré que les tourments est le plus grand déclencheur de tous. Sur les 161 expériences d’éveil que j’ai recueilli, 38 (autour de 24%) étaient déclenché par des tourments psychologiques tels que le stress, la dépression, la perte et le deuil. Les déclencheurs les plus importants qui suivent sont le contact avec la nature (18%), la méditation et regarder ou écouter des performances artistiques (13% chacun).


Cela ne semble pas être logique. Les expériences d’éveil sont des expériences extrêmement positives, ce sont des moments où nous percevons la réalité avec une intensité accrue, ou l’on ressent un sentiment de bien-être intérieur, ou l’on a l’expérience de ressentir une connexion et une signification. Il semble donc paradoxal que ces expériences soient causé de manière fréquente par des états de désespoir et de tourmente. Abraham Maslow a suggéré que les pics d’expériences arrivent aux personnes qui sont équilibrés, créatives et saines psychologiquement, mais ces découvertes suggèrent que l’opposé arrive aussi fréquemment.


Une femme m’a décrit comment, à l’âge de 20 ans, elle devint si déprimé qu’elle dut être admise à l’hôpital. Alors qu’elle s’y trouvait, elle ramassa un marbre qui se trouvait posé sur sa table de chevet et commença à jouer avec celui-ci dans ses mains. De manière soudaine, ce fut comme si le monde familier s’évanouissait pour laisser place à une vision de beauté et de perfection. Voici comment elle le décrit :
 
Je voyais la réalité comme étant cette unité simplement parfaite. Je sentis que j’étais retiré de manière soudaine de tout ce qui était personnel. Tout semblait juste à sa place. Le marbre semblait être un reflet de l’univers. Tous mes “problèmes” et ma souffrance semblèrent soudainement n’avoir pas le moindre sens, ridicule et simplement comme étant un malentendu à l’égard de ma véritable nature et de tout ce qui m’entourait. Il y eut un sentiment d’acceptation et d’unité. Ce fut un moment d’éclairement. à la suite de cet épisode, l’euphorie et la précipitation inexpliquée “de cette connaissance et de cette compréhension” (ce fut comme si l’on obtenait l’accès à une nouvelle intelligence à l’égard de ce que l’on appelle “la réalité”) dura plusieurs jours.


De la même façon, un homme décrivit comment il traversa une longue période de tourments intérieurs liés à une confusion à l’égard de sa sexualité et qui conduisit éventuellement à la rupture de son mariage. C’est peut-être ce qui déclencha l’expérience d’éveil suivante, qui selon lui est la seule qu’il n’ai jamais eue :


C’était les dernières vacances avant la rupture. Nous étions en Tunisie et nous étions lancés dans une excursion vers le Sahara. Nous étions à dos de chameaux, traversant la journée une partie du désert et à la fin de la journée, je m’assis sur le sable pour regarder le coucher de soleil. Il y avait peu de personnes aux alentours mais ce fut comme si tous les autres avaient disparu. Tout cessa simplement d’être. Je perdis toute impression de temps. Je me perdis moi-même. J’eus le sentiment d’être totalement en unité avec la nature, avec une impression de paix entière. Je fis partie de l’environnement. Il n’y avait plus de ‘moi’. J’étais juste assis là à regarder le soleil qui se couchait dans le désert, conscient de l’énormité de la vie, du pouvoir de la nature et je souhaitais que cela ne se termine jamais.


Attachement et Détachement


La clé pour comprendre ces expériences est le concept d’attachement. Normalement, en tant qu’être humain nous sommes attachés psychologiquement à un grand nombre de constructions, tel que les espoirs, les ambitions pour le futur, les croyances et les idées à propos de la vie et du monde, la connaissance que nous avons accumulée et notre image de nous-même, ce qui inclut notre impression de statuts, notre apparence, nos accomplissements et nos réussites. En même temps il y a des attachements plus concrets comme nos possessions, notre travail et les personnes. Ce sont les briques de construction de notre égo. Ne sentons que nous sommes “quelqu’un” à cause des espoirs, des croyances, des statuts, d’un travail et des possessions et parce que d’autres personnes nous donnent leur approbation.


Toutefois, dans un état de désespoir et de dépression, la totalité, ou une partie, des attachements psycholoqiques sont cassés. Il s’agit généralement de la raison principale pour laquelle une personne est en désespoir, parce que l’échafaudage qui maintenait son sentiment d’identité s’est effondré. Les espoirs et les croyances se sont révélé être des illusions, leurs possessions et leurs statuts leur ont été pris, leurs amis et amants les ont rejeté. Et avec pour résultat le sentiment d’être nu et perdu, comme si leur identité avait été détruite.


Mais à ce moment précis, la personne est paradoxalement proche d’un état de libération. Elle est dans un état de détachement. Le soi a été libéré de ses constructions externes. C’est ainsi qu’en un instant, la douleur, le désespoir et l’affliction peuvent se changer en un état de liberté et de joie. Nous ressentons un énorme sentiment de bien-être et d’énergie, maintenant que notre énergie psychique n’est plus davantage consumée par l’entretien de ces attachements psychologiques. Et puisque la structure de l’attachement ne remplit plus notre être, il y a une nouvelle clarté soudaine et une ouverture à l’intérieur de nous-même, un nouveau sentiment de complétude.


Ce que cela suggère est qu’il y a un aspect positif à la tourmente et au désespoir. Plutôt que de nous détruire, elles peuvent (du moins occasionnellement) nous donner un aperçu d’une libération et d’un éclaircissement.


Publié le 7 Mai 2011 par Steve Taylor et traduit par Michaël Seyne le 11 Janvier 2015