jeudi 3 septembre 2015

Stiegler Pourquoi et comment philosopher aujourd'hui ?




« Nul n'entre ici n'est grammairien », en référence à « Nul n'entre ici s'il n'est géomètre » de l'académie de Platon.

L'importance du rôle de la grammaire dans la pensée indienne (Sylvain Auroux), elle à la même place dans l'inde ancienne que la géométrie dans la société occidentale.

La grammaire est la science du pharmacon, science de l'écriture du langage. L'écriture est un pharmacon qui est apparut en premier de manière tatonante, puis vint les grammairiens qui apparaissent (dans le cas de la Grèce) après les philosophes.

Ils vont isoler des types de mots, produiront des catégories à l'origine de la logique formelle. Cheminement fondamental jusqu'à aujourd'hui avec la révolution numérique.

Il est important aujourd'hui de rétablir un dialogue entre la géométrie (occident) et la grammaire (orient).

Pourquoi (et) (puis) comment philosopher aujourd'hui ?

L'ordre des question est une problématique importante, demander pourquoi puis comment n'est pas anodin. Le philosophe se distingue par la façon dont il ordonne les questions.

Poser la question du pourquoi avant le comment, signifie toujours en principe que la fin précède les moyens. Les moyens ne serait que des moyens, et la fin contrôlerait en totalité les moyens.

Par la raison, je peux dominer la matière dont ces moyens sont fait. L'opposition entre mon esprit et la matière de Descartes.

Cette façon de penser est dépassé, contesté depuis le 19ème siècle par les matérialistes, beaucoup contesté par la suite par les existentialistes et les phénoménologues.

La pensée, « l'esprit peut se rendre dominant de la matière dans sa totalité » (se rendre maître et possesseur de la nature) ça appartient (selon les philosophes du Xxème siècle, phénoménologues, déconstructionistes) à ce que l'on appelle la métaphysique (de Platon à Husserl) qui est un courant de pensée qui était dominant mais est devenue caduque.

Plus personne d'honnête ne croit que la fin justifie les moyens, cela ne signifie pas pour autant que les fins sont rabattu sur les même plans que les moyens. Il existe une différence radicale entre les moyens et les fins. Lorsque les moyens prennent la place des fins, la catastrophe est imminente.

Les fins sont conditionnés par les moyens, elles ne sont ni séparé, ni ne domine les moyens. Fin et moyen forment une relation qui est déterminé par la qualité de la relation, un terme de cette relatio n'existe pas sans l'autre, et les deux termes sont modifié en fonction de l'autre. Ce sont des variables dépendantes.

Les moyens qui ne peuvent pas être maîtrisé par les fins, je les appels les pharmaca (pluriel de pharmacon). Ils augmentent et transforment nos capacités, ils transforme notre puissance d'agir (Spinoza), ils nous transforment nous-même et par là fait dévier nos finalités, nos motifs, nos motivations, nos buts. Ils peuvent intensifier notre existence, ils peuvent aussi la réduire.

Les pharmaca sont aujourd'hui des poisons, ce sont les techniques qui conditionnent toutes les finalités des êtres humains que nous tentons d'être en où extériorisant. L'être vivant s'extériorise avec les objets techniques comme des organes artificiels.

Le langage est un pharmacon, il s'agit d'une technique qui peut agir sur le réel. La langue est un pouvoir et elle est dangereuse. « Je fais la guerre »

Aujourd'hui, nous vivons une guerre économique mondiale qui est mené par la financiarisation. Une automatisation mené par des logiciels qui court-circuite les décisions humaines. Une substitution des fins par les moyens et une prolétarisation (perte) des savoirs. Un anéantissement des capacité de prise de décision qui condamne à la paralysie et l'impuissance.

Je crois qu'il est possible de sortir de la crise créé par l'utilisation des pharmacas qui l'on eux-même créé. Cela dépendra de nos capacités à prendre des décisions thérapeutiques. Transformer les moyens devenus toxiques en dispositifs thérapeutique nouveau. Une nouvelle façon de prendre soin et de faire que les poisons deviennent des remèdes.

Philosopher aujourd'hui c'est se consacrer à faire de la pharmacologie. C'est se consacrer à l'étude de la façon transformer ce qui est toxique dans les pharmacas en remèdes curatifs. Faire l'inverse de l'économie conservatrice et consumériste qui a transformé l'investissement en spéculation.

Il est nécessaire de constituer une nouvelle croyance après le nihilisme. L'homme est un être malade et en tant que tel il peut inventer une thérapeutique. Les techniques, pharmacas, qui sont utilisé pour la guerre, peuvent être utilisé pour la paix.



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